lundi 27 mars 2017

Les Power Points rendent-ils bête ?!



Les cours sont de plus en plus animés par des diaporamas (slides). Un choix des professeurs, mais l’un d’eux, Paul Ralph, s’érige contre cette méthode qui baisse, selon lui, dangereusement le niveau des universités comme leurs exigences vis-à-vis des étudiants.

« Pensez-vous vraiment que regarder un prof lire des centaines de slides Power Point vous rend plus intelligent ? »  publie ce professeur d’informatique dans une tribune du Business Insider UK. Il explique pourquoi il s’agit d’une façon d’enseigner qui serait totalement inefficace.
D’après ce professeur qui travaille à l’université d’Auckland en Nouvelle-Zélande, « l’excès de slides a contribué à faire croire, et c’est absurde, que c’est trop demander à des étudiants de lire des livres, d’être présent en cours, de prendre des notes ou de faire des devoirs ».

Les Power Points, ces « empêcheurs de penser »

Impossible pour lui de se passer des livres, de la présence en cours, des notes et des devoirs. Voici trois raisons principales pour lui :

1.       Les slides empêchent d’avoir des raisonnements élaborés. « Les diapos encouragent les professeurs à synthétiser à l’extrême, à utiliser des bullet points, des schémas… ce qui décourage les analyses profondes qui prennent toute la complexité d’une situation en compte. »

2.       Cela pénalise également les bons professeurs ! A force de ne voir que des diaporamas, les étudiants ne considèrent plus les cours que « comme des successions de slides. Les bons professeurs qui présentent des réalités complexes et ambiguës sont critiqués et accusés de ne pas être assez clairs, par effet de comparaison »

3.       Cela contribue à vider les amphithéâtres. « Pourquoi les étudiants prendraient-ils la peine de venir s’ils peuvent décrocher un 18 en lisant des slides dans leur lit en pyjamas ? »

Le niveau général des étudiants est en baisse, constate-t-il.

Les Power Points étant si néfastes, pourquoi sont-ils paradoxalement si populaires ? questionne Paul Ralph. D’après lui, c’est dû au fait que les universités prennent en compte la satisfaction de leurs étudiants en leur faisant remplir des formulaires mais pas en mesurant le niveau d’apprentissage. « Les examens, les projets de groupe ou les travaux écrits mesurent une connaissance ou une compétence. L’apprentissage est une évolution du savoir et des compétences qui ne peut se mesurer qu’à long terme », écrit le professeur.

Pour lui, seules des recherches sur le niveau d’apprentissage des étudiants permettrait de comprendre ce qui marche… et ce qui ne fonctionne pas du tout. « Tant que les universités continueront à mesurer la satisfaction des étudiants et non le niveau d’apprentissage, nous resterons dans le cercle vicieux de faibles exigences, de la paresse et du faible apprentissage… » conclut Paul Ralph.

Vous l’aurez compris, ne vous contentez pas des Power Points, n’hésitez pas à interroger vos professeurs après un tunnel de slides. Ils ne manqueront pas de vous conseiller des ressources pertinentes, des lectures, et de quoi approfondir sérieusement le cours.


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